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Je m'appelle Makaya. Je suis né à Gonesse, fils de Guadeloupéen et de Martiniquaise. J'ai été livreur. J'ai eu des comptes à zéro. J'ai eu des gens qui m'ont ri à la gueule.

Aujourd'hui je travaille dans la finance et l'assurance. J'ai un Master. Je lis Nietzsche et Fanon dans le même mois. Si je te raconte ça, c'est pour te donner du grain à moudre : ce que j'écris ici sort de là, pas d'une chaire.

Pikan — c'est créole pour épine. Ce qui réveille. Ce qui pique assez pour te faire bouger.

Ce blog ne cherche pas à te motiver. Il part d'une conviction simple : il n'y a pas de révolution sans instruction. Si tu ne sais pas, tu ne peux rien changer. Ni à ta vie, ni à ce qu'on t'a laissé en héritage.

Au départ, c'est une auto-thérapie. Un besoin d'écrire, de comprendre, de bâtir quelque chose qui tienne. J'ouvre les livres et je les décortique — mais les questions que je pose sont les miennes, et l'œil qui lit est le mien. Personne ne lit Sénèque ou Weininger exactement d'où je les lis. Ce ne sont pas les auteurs qui rendent ce travail unique. C'est mon angle sur eux.

Ce processus va me transformer. Ça, c'est déjà acquis. Mais s'il transforme aussi ceux qui me ressemblent, s'il en sort quelques-uns qui décident de savoir avant d'agir, alors j'aurai fait plus que me soigner. J'aurai créé une œuvre qui dépasse ma propre personne.

— Makaya