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Réflexion · ·16 min

Le gaspilleur et l'avare ont peur de la même chose

Clason distingue trois profils face à l'argent, mais la vraie fracture n'est pas là : gaspilleur et avare partagent la même peur, jamais réglée.

Clason, L'homme le plus riche de Babylone

Trois types de personnes. Le gaspilleur, l’avare, et celui qui acquiert et fait fructifier sans peine. La question de départ ressemble à une typologie qu’on croise partout, un classement qu’on utilise pour juger en trente secondes. Tu te ranges spontanément dans une case, et tu juges les deux autres depuis la tienne. Le gaspilleur regarde l’avare avec un peu de mépris, façon au moins moi je profite de la vie. L’avare regarde le gaspilleur avec inquiétude, façon il va tout perdre, l’inconscient. Et les deux, en silence, envient et méprisent à la fois celui qui semble faire fructifier sans effort apparent. C’est exactement là, dans ce triple jugement croisé, que la question devient intéressante, parce qu’en creusant Clason jusqu’au bout, la ligne de fracture qu’on croyait voir entre les trois cases ne tient pas. Elle se déplace, et ce déplacement change tout ce qu’on croyait savoir sur l’argent qu’on garde et l’argent qu’on dépense.


Le chemin parcouru

Clason dessine, sous les arches de Babylone, une typologie d’une clarté tranchante, et cette tripartition n’est pas un simple classement moral, c’est une cartographie du rapport que l’homme entretient avec le temps, le désir et la liberté. Le gaspilleur, d’abord, c’est l’homme des pièces qui sortent. Clason le dépeint sans mépris mais avec une lucidité implacable : les dépenses dites obligatoires augmentent toujours en proportion des revenus, écrit-il, et tous les hommes se débattent avec plus de désirs qu’ils ne peuvent en satisfaire. Le gaspilleur n’est pas nécessairement un prodigue flamboyant, il peut être un homme ordinaire, travailleur, honnête, mais qui n’a jamais compris qu’il confond besoin et envie, nécessité et caprice. Il vit dans l’illusion que les revenus d’aujourd’hui suffiront toujours à combler les besoins de demain, il écoute la voix de ce que Clason appelle la Destinée Capricieuse, cette vile déesse qui n’apporte de bien en permanence à personne. Il mise sur la chance, sur le flux continu, sur l’idée que demain ressemblera à aujourd’hui.

L’avare occupe l’autre extrémité du spectre, et c’est là que la pensée de Clason devient subtile, parce qu’il ne célèbre pas l’accumulation pour elle-même. L’or conservé dans une bourse, dit-il, contente celui qui le possède et satisfait l’âme de l’avare, mais il ne rapporte rien. L’avare thésaurise, il empile les pièces sans les faire travailler, son or dort dans un coffre, stérile, comme un champ qu’on posséderait sans jamais le labourer. Sa jouissance est une jouissance de possession, non de production. Il se croit riche parce qu’il possède, mais sa richesse ne croît pas, elle reste figée, et le temps, qui est l’allié du sage, devient l’ennemi de l’avare puisqu’il ne fait rien pour lui. L’avare a compris une chose, ne pas dépenser, mais il a manqué l’essentiel, faire de l’or un instrument vivant.

Puis vient le troisième homme, celui qui fait fructifier. Mais Clason ne dirait pas exactement sans peine, il dirait plutôt avec méthode. C’est l’homme qui a saisi le mécanisme le plus puissant que Babylone ait enseigné, l’intérêt composé : dix pièces d’argent initiales, laissées à travailler, finissent par en valoir plus de trente. Il comprend que l’or n’est pas une fin, mais un moyen, que chaque pièce est une ouvrière qu’il faut faire fructifier pour qu’elle se reproduise à l’image des troupeaux dans un champ. Cette métaphore pastorale n’est pas décorative, dans la mentalité babylonienne la richesse est organique, elle croît comme croissent les troupeaux, à condition qu’on leur donne un pâturage, du temps, et qu’on les protège des prédateurs. Ce troisième homme se distingue des deux premiers par une qualité précise, la patience éclairée. Il ne consomme pas tout comme le gaspilleur, il ne retient pas tout comme l’avare, il alloue. Il dirige ses ressources vers des placements prudents, après avoir consulté ceux qui savent, et il refuse de courir après les rendements spectaculaires, ces taux usuraires que Clason compare à des sirènes aux chants irrésistibles qui attirent l’imprudent sur les rochers de la perte et du remords. Et pourtant ce troisième homme n’est pas un ascète : Clason fait dire à l’un de ses personnages de profiter de la vie pendant qu’on est ici-bas, de ne pas trop se restreindre ni essayer de trop économiser. Celui qui fructifie vit, il profite, mais dans les limites des neuf dixièmes, il jouit du présent sans hypothéquer l’avenir.

On pourrait lire cette tripartition comme une échelle morale, le gaspilleur en bas, l’avare au milieu, celui qui fructifie au sommet. C’est le contresens que la chaîne vient corriger. La vraie ligne de fracture ne passe pas entre le gaspilleur et l’avare, elle passe entre l’avare et celui qui fructifie, parce que le gaspilleur et l’avare partagent en réalité un trait commun, la peur. Le gaspilleur a peur de manquer demain, alors il jouit aujourd’hui. L’avare a peur de perdre, alors il enferme. Seul le troisième homme a transcendé la peur, il accepte le risque calculé, il confie son or au temps, sa prudence n’est pas de la paralysie, c’est une vigilance active. Ce retournement déplace toute la lecture initiale : ce n’est plus dépenser contre économiser qui compte, c’est agir depuis la peur contre agir depuis la clarté.

Ce retournement, une fois posé, ouvre trois questions, et la chaîne descend dans chacune d’elles. La première demande si la discipline peut vaincre le tempérament, puisqu’au fond il s’agit de peur. Clason ne prétend pas que la discipline annihile le tempérament, il soutient qu’elle le rend inopérant en lui retirant son terrain d’exercice, et le mécanisme est arithmétique avant d’être psychologique. La règle des neuf dixièmes en est l’instrument central : pour dix pièces de monnaie mises dans la bourse, n’en dépenser que neuf. Clason désamorce l’objection instinctive du tempérament dépensier par l’expérience, pas par la morale : celui qui cesse de débourser plus que les neuf dixièmes de ses gains se débrouille tout aussi bien, et il en conclut que c’est sûrement une loi des dieux. L’argument n’est ni moral ni volontariste, il est empirique. Arkad ne demande pas de réprimer le désir de dépenser, il constate que la restriction d’un dixième ne produit aucune souffrance perceptible. Le tempérament n’est pas vaincu par la force, il est contourné par l’insignifiance apparente du sacrifice. Et ce tempérament dépensier, tel que Clason le montre à travers ses personnages désargentés, n’est pas un excès de jouissance mais un excès d’anxiété : celui qui dépense tout ce qu’il gagne obéit à une terreur sourde, celle de manquer dans l’instant, et en dépensant tout il se rend encore plus vulnérable au caprice du destin, confirmant sa peur initiale dans un cercle vicieux. La discipline des neuf dixièmes brise ce cercle non par la répression du tempérament mais par la production d’une preuve contraire : l’homme qui découvre qu’il peut vivre sur neuf dixièmes de son revenu fait une expérience existentielle, la privation redoutée n’a pas eu lieu. Ne vous moquez pas de mes propos parce que trop simples, dit Clason, la vérité est toujours simple. La discipline ne vainc donc pas un tempérament particulier, elle institue une règle si modeste que la peur sous-jacente perd son objet.

La deuxième question demande si ces observations tiennent encore aujourd’hui, dans un monde technologique et financiarisé que Babylone ne connaissait pas. Clason opère un geste historiographique qui est déjà, en soi, une thèse : en plaçant les lois de la prospérité dans la bouche d’un Babylonien du sixième siècle avant notre ère, il affirme que ces lois précèdent et survivent à toute configuration historique. Sa première réponse est épistémologique, la vérité est toujours simple, et ce qui est véritablement universel se reconnaît à sa simplicité. Épargner un dixième, faire fructifier le capital, consulter les sachants, ce ne sont pas des techniques liées à un contexte technologique, ce sont des structures du rapport entre l’homme et ses ressources, aussi élémentaires que les lois qui régissent le rapport entre les corps et les forces. Que la monnaie soit un sicle babylonien ou un virement bancaire, la proportion des neuf dixièmes reste identique, l’instrument change, la loi demeure. Sa deuxième réponse est anthropologique : l’occasion est une arrogante déesse qui ne perd pas de temps avec ceux qui ne sont pas prêts, et que l’occasion prenne la forme d’une route commerciale ou d’un marché émergent, le mécanisme psychologique reste le même, l’homme préparé reconnaît et saisit ce que l’homme négligent laisse passer. Clason inscrit pourtant une exigence d’adaptation au cœur même de son système : plus on acquiert de connaissances, plus on peut gagner, et le dernier des moyens d’acquérir une fortune consiste à cultiver ses facultés intellectuelles. Il ne dit pas d’appliquer aveuglément des recettes anciennes, il dit que le principe le plus puissant est le savoir lui-même, et que celui-ci se renouvelle nécessairement avec les époques. Le Babylonien devait connaître les routes caravanières, l’homme contemporain doit connaître les marchés financiers, mais l’impératif de savoir, lui, ne change pas. Ce qui rend Babylone applicable à aujourd’hui, ce n’est donc pas la ressemblance des instruments, c’est l’identité des structures, et la complexité croissante du monde moderne ne rend pas ces principes obsolètes, elle rend simplement leur application plus exigeante.

La troisième question renverse le terrain d’enquête tout entier : si la peur est le vrai problème, alors travailler sur l’argent lui-même ne suffit pas, il faudrait creuser jusqu’à la peur de la vie, jusqu’à la peur de la mort. Clason n’écrit pas en philosophe de l’existence, mais son texte, lu attentivement, montre qu’il a identifié la peur comme l’obstacle souterrain à la prospérité, et qu’il propose un programme de travail quotidien pour la dénouer. Ce qui sépare Arkad de ses deux amis désargentés n’est ni le talent ni la chance, c’est la capacité à prendre une décision simple et à s’y tenir dans la durée, une capacité qui suppose d’avoir vaincu une peur, celle de se priver, celle de manquer, celle d’affronter l’incertitude du lendemain. Clason nomme explicitement l’ennemi : la manie de remettre à plus tard habite tous les hommes, et quand l’occasion se présente, cette manie de temporiser incite à reporter la décision, en lui cédant on devient son pire ennemi. La temporisation n’est pas une paresse, c’est la forme quotidienne de la peur, elle paralyse l’homme au moment même où l’occasion passe devant lui. Le programme clasonien contre cette peur tient en plusieurs pièces qui s’enchaînent. D’abord l’établissement d’un socle matériel minimal, ce dixième qu’on garde et qui ne doit jamais être inférieur à un dixième quel que soit le montant gagné, un dixième qui a une fonction psychologique autant qu’économique, il crée, pièce après pièce, la preuve tangible que l’homme peut survivre même en se privant d’une fraction de ses gains. Ensuite la constitution d’un capital qui travaille de lui-même, qui adresse une peur plus profonde encore, celle de la vieillesse, celle de l’incapacité à venir, celle de la mort, en construisant un flux qui le dépasse l’homme apprend qu’une partie de lui-même peut continuer à produire même quand il ne travaillera plus, une forme modeste mais réelle d’immortalité matérielle. Puis l’avis éclairé, consulter le sachant avant d’investir, non pas seulement comme mesure technique mais comme acte qui extrait l’homme de la solitude de la décision, parce que la peur se nourrit de l’isolement et que la consultation la dilue en partageant le poids du jugement. Puis l’habitus de l’achèvement, terminer ce qu’on s’impose, aussi petit soit-il, parce que chaque tâche achevée est une petite mort de la peur, la preuve que l’homme peut tenir sa parole envers lui-même et donc s’engager dans la durée. Et enfin la culture de l’intelligence, cultiver ses facultés, étudier, devenir plus sage, parce que l’ignorance est la matrice de l’angoisse et que la connaissance, lentement cultivée, en est la dissolution. Il faut donc retourner la prémisse de la question : Clason ne sépare jamais le travail sur l’argent et le travail sur la peur, le premier est la forme pratique du second. L’or est réservé à ceux qui en connaissent les lois et s’y conforment, et ces lois ne sont pas des techniques comptables, ce sont des disciplines de l’âme qui, appliquées chaque jour, rendent l’homme capable de faire face à la vie et à la mort sans trembler.

Ce que j’ai fini par comprendre

Ce que cette chaîne installe d’abord, c’est que le jugement moral spontané, gaspilleur en bas, avare au milieu, bâtisseur au sommet, est un contresens. La vraie fracture n’oppose jamais la dépense à l’épargne, elle oppose la peur à sa transcendance. Le gaspilleur et l’avare font deux choses opposées en apparence, l’un vide sa bourse, l’autre la remplit sans jamais la faire circuler, mais ils obéissent au même moteur, la terreur de ce que demain pourrait leur reprendre. Le premier fuit ce manque en consommant tout de suite, le second fuit ce manque en n’ouvrant jamais la main. Aucun des deux n’a réglé le problème, ils l’ont juste géré différemment, chacun avec son propre système d’évitement. Seul le troisième homme a changé de nature, non pas parce qu’il possède davantage, mais parce que son rapport à l’incertitude n’est plus un rapport de fuite.

La deuxième chose que j’en retiens, c’est la méthode elle-même, la manière dont Clason vainc le tempérament sans jamais l’affronter de face. Il ne demande à personne de devenir un autre homme, il demande de tenir une règle assez modeste pour que la peur n’y trouve rien à mordre. Le dixième mis de côté ne se sent presque pas, et c’est précisément cette absence de douleur qui le rend tenable sur des années, là où une privation plus radicale se serait effondrée à la première tentation. La discipline, dans ce système, n’est pas un combat quotidien contre soi, c’est un cadre si étroit qu’il ne laisse simplement pas de place au combat. Et cette même logique explique pourquoi les principes tiennent encore aujourd’hui malgré le changement complet d’environnement économique : ce ne sont pas des techniques qu’on pourrait dater, ce sont des structures, la proportion, la mise au travail du capital, la consultation du sachant, qui traversent n’importe quelle époque parce qu’elles décrivent un rapport humain à la ressource et à l’incertitude, pas un dispositif technique particulier.

La troisième chose, la plus dense, c’est que l’argent n’a jamais été le vrai sujet. Chaque pièce du programme clasonien, le dixième gardé, le capital mis au travail, l’achèvement des petites tâches, l’avis du sachant, la culture de l’intelligence, répond en réalité à une peur précise et nommable, la peur du manque, la peur de la vieillesse, la peur de la solitude du jugement, la peur de ne pas tenir parole envers soi-même, la peur de l’ignorance. Travailler sur son rapport à l’argent, fait correctement, c’est déjà travailler sur sa peur de la vie et de la mort, sans avoir besoin de le nommer ainsi. C’est ce déplacement qui rend la typologie de départ, gaspilleur, avare, bâtisseur, beaucoup plus grave qu’un simple classement financier : c’est un diagnostic sur ce qui, chez chacun, gouverne encore la décision.

Ce qui résiste encore

La chaîne, en creusant plus loin, se heurte à ses propres limites, et il vaut mieux les nommer que les maquiller en cohérence parfaite. La première limite touche le principe même de donner pour recevoir, que Clason ne traite jamais comme universel. Les pièces qu’on retire de sa bourse pour la consommation courante, écrit-il, apportent les premières choses, elles disparaissent et ne reviennent pas, alors que les pièces laissées à travailler apportent les dernières choses, elles obéissent à la loi du retour. Donner pour recevoir ne fonctionne, chez Clason, que dans deux cas précis, l’investissement calculé confié à des experts, et l’aide à autrui, mais seulement si l’emprunteur peut rembourser et si l’on ne prend pas sur soi le fardeau d’un autre. Dans tous les autres cas, la dépense courante, le prêt émotionnel, le don irréfléchi, dépenser ne produit selon lui aucun retour.

C’est précisément là que la chaîne s’arrête sur un angle mort qu’elle nomme sans le résoudre. Clason ne parle jamais du don qui produit de la loyauté, de la gratitude, du réseau, ces retours non-monétaires que le livre semble tout simplement ignorer. Un service rendu sans calcul, une générosité qui ne vise aucun rendement immédiat, peuvent construire dans la durée une réputation, une fidélité, des alliances, qui finissent par valoir davantage que n’importe quel intérêt composé, et pourtant rien dans le système clasonien ne prévoit cette catégorie de retour. Ce silence n’est pas neutre, il révèle les limites d’une pensée entièrement construite autour de la mesure et du calcul, là où certains retours ne se comptent tout simplement pas en pièces.

Une deuxième fissure, plus discrète, tient à une contradiction interne que la chaîne relève sans trancher. Si dépenser ne rapporte jamais rien, comme l’affirme la distinction entre les premières et les dernières choses, pourquoi Clason lui-même conseille-t-il de ne pas se restreindre trop et de vivre avec plaisir sur sept dixièmes du revenu ? Cette recommandation suggère, sans le dire explicitement, que certaines dépenses rapportent bel et bien quelque chose, du bonheur, de la stabilité émotionnelle, une capacité à tenir la discipline sur la durée précisément parce qu’elle ne s’accompagne pas d’une privation totale. Clason semble avoir besoin, pour que son système tienne, d’une catégorie de dépense qui n’en soit pas vraiment une, et cette catégorie reste sans nom dans son texte.

Une troisième question reste également ouverte, celle des dépenses hybrides. La distinction nette entre consommation et capital, celle qui sépare ce qui disparaît de ce qui travaille, tient-elle encore quand on parle d’éducation ou de santé ? Une formation coûte de l’argent au moment où on la paie, exactement comme un vêtement ou un repas, et pourtant elle produit un rendement différé, une capacité de gagner accrue, une intelligence plus aiguisée, qui ressemble davantage à de l’investissement qu’à de la consommation pure. Le même raisonnement vaut pour la santé, dont l’entretien coûte sur l’instant mais protège un capital, celui du corps et du temps de vie disponible, qu’aucune assurance ne peut vraiment remplacer. Clason ne tranche jamais ce cas, sa typologie binaire, dépense qui disparaît contre investissement qui fructifie, laisse cette zone grise entièrement ouverte, et rien dans la chaîne ne permet de la refermer honnêtement.

Ma synthèse

La vraie ligne de fracture, pour moi, c’est bien la peur, ce n’est pas une formule qu’on se raconte. Je ne tiens pas la ligne dure du « dépenser égale perte sèche » : une dépense-plaisir, un bon repas, un voyage, ça rapporte vraiment quelque chose. L’éducation, la santé, la formation, je les classe sans hésiter du côté de l’investissement, jamais de la dépense. Et on passe d’un type à l’autre par la discipline : le tempérament ne disparaît pas, il reste, mais il devient le style avec lequel on tient la discipline, pas ce qui décide à sa place.

Au fond, ce n’était jamais une question d’argent. Le gaspilleur fuit le manque, l’avare fuit la perte, les deux tremblent devant la même chose. Le troisième homme n’est pas plus riche : il a juste arrêté de fuir.

— Makaya